15.11.2010
Il pleut
Derrière la fenêtre, je regarde pleuvoir, incapable de sortir, fasciné par le vent qui veut coucher la terre,
saisi par le gémissement, la force et l'obéissance qu' elle impose.
Il pleut sur les collines. Il pleut sur les toits. Il pleut sur moi qui marche dans les allées.
Il pleut sur le chat immobile, jusqu’ à ce qu'il se résigne.
Il pleut à l'autre bout des villes empêchant le passé de s'évaporer, d'être présent à sa guise...
La pluie est en moi, en mon âme et mes sourires lui sont dédiés.
Les matins sont négligeables, macérés sous Une pluie presque éternelle charriant le reste de nos os
J'attends, quelque chose, j'attends doucement un trépignement avant les secousses de la Terre.
19:30 Publié dans ETATS D AME | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.11.2010
Pêcheur

Sur la terrasse de pierre
Balayée de soleil, narghilé
dans le bleu tendu du ciel
un vieil homme pêche.
Il moule les formes d'un monde
du revers de son bras.
Sa grand-ligne entre les mains
distribue l'univers aux poissons
sous l'implacable disque de cuivre.
Sur le ventre de corail
il serre en point d'exclamation sa canne
Et c'est le ciel qui s'éblouit, se fend.
Pas de touche, pas de reflet d'argent
pas encore...
Le vieil homme avec pudeur
dessine
des zébrures sur l'horizon.
20:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.10.2010
Crépuscule
Le jour cède sous les brumes en suspend. La nuit accélère, noie les collines, le clocher et les chênes. La journée traîne les pieds dans l'aboiement des chiens. Puis l'ombre mord. La Creuse s'endort, l'eau s'accroche au rivage. Seules, quelques feuilles témoignent de la course de l'onde...
Je vis, chaque jour, ce rituel comme absent, inexistant. Le crépuscule me tolère, l'obscurité me couvre de cendres. Je trouve alors un soupçon de paix, un goût d'enfance.
La lune quand elle est pleine, accompagne l'insomnie. Alors que le jour est inutile, la nuit, elle, délace le mental. Les instants sont nombreux, le temps ne s'égrène pas selon les habitudes. Quand l'espace enfin se tait, on peut entendre la Terre tourner.
18:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note